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Jeunes et emploi : André Siaka prône le travail et le respect des valeurs éthiques

Publiée le mercredi 4 avril 2012


Vendredi dernier, il était en posture d’enseignant, où pendant près de 2 heures, il a fait un cours magistral devant un public constitué en grande majorité d’enseignants, étudiants et opérateurs économiques de la région de l’Ouest et d’ailleurs.Dans le cadre des activités de l’Institut des Etudes

 africaines de l’Université des Montagnes, André Siaka Administrateur directeur général de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun(Sabc), a donné à Banékané, le vendredi 30 mars 2012, une conférence publique sur le thème : « Diplôme, vie professionnelle et parcours social : l’équation du succès post-universitaire ». C’était en présence de près d’un millier de personnes. Le choix du conférencier du jour, polytechnicien de formation, le professeur Lazare Kaptué, président de l’Udm, l’a justifié par le fait que « beaucoup de jeunes caressent l’espoir d’avoir une brillante carrière comme la vôtre et c’est pour cela que vous êtes là aujourd’hui pour leur parler ». Le secrétaire général de la région de l’Ouest, représentant du gouverneur, le préfet du Ndé, le maire de Bangangté et des chefs traditionnels étaient également présents. C’est par quelques citations dont celle de Talmud, tirée d’un ouvrage judaïque, qu’André Siaka introduit sa communication : « Si vous ne savez où aller, tout chemin peut vous y conduire ».

 

D’après son expérience, l’une des clés de succès dans la vie c’est de « prendre son destin en main et le plutôt possible, et ne jamais se fixer un chemin médiocre de risque de n’avoir aucune peine à l’atteindre ». A l’objectif fixé, les jeunes devront associer le travail bien fait et l’endurance et non la chance. Et de faire sienne la citation de Thomas Jefferson qui dit : « je crois beaucoup à la chance : je constate que plus je travaille, plus la chance me sourit ». Dans le même sillage, il fait recours à Thomas Edison pour qui « le génie c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration ». Tout en soutenant que le Cameroun dispose de bonnes écoles de formation qui donnent droit à une carrière professionnelle post-universitaire, André Siaka pense que les jeunes étudiants ou les chercheurs d’emploi doivent toujours compléter leur formation de base par des formations complémentaires ou la participation à des séminaires didactiques. « Une bonne formation se conclut par un diplôme mais le diplôme ne donne pas droit à une rente de situation qu’un fusil de chasse ne donne droit au gibier… Penser à l’insertion professionnelle quand on a déjà le diplôme en poche est souvent trop tard », conseille t-il, tout en exhortant les jeunes à éviter les raccourcis que le milieu dans lequel ils se trouvent leur offre parfois.

Parlant du marché des emplois rémunérés au Cameroun, il souligne que compte tenu de l’offre limitée, « la priorité sera accordée à ceux qui disposent d’une formation solide ». Non sans plaider à ne pas se contenter de la rémunération mais aussi « se plaire de ce qu’on fait ». Il conte d’ailleurs l’une de ses anecdotes post-formation quand il a fallu qu’il abandonne en France un emploi qui rapportait près d’un million de francs français de salaire mensuel pour retourner au Cameroun toucher 280.000 Cfa : « Quand j’arrive au Cameroun en 1977 pour travailler aux Brasseries du Cameroun, je ne suis pas très connu dans le métier et ma position dans la précédente entreprise était presque directoriale. Je commence comme ingénieur de production et chef d’embouteillage. J’avais une paire de bottes et ma caisse à outils avec lesquels j’aidais les techniciens à dépanner. Mais auparavant j’avais eu un accueil plutôt froid du directeur général de l’époque. Quand j’arrive dans son bureau il me dit « mon cher André, cette société aura du mal que les blancs la confient à un Africain ». Je lui ai dit, ce n’est pas un problème. J’irai le plus loin où un Africain peut aller ».

La discipline, l’hygiène de vie, le travail, l’endurance et la patience, l’aptitude personnelle à s’intégrer dans le milieu professionnel, le développement des connaissances et le respect des valeurs éthiques sont d’après lui les clés de la réussite. « La promotion au sein d’une entreprise se fait sur la base du mérite et non sur les relations et l’ancienneté. Les valeurs éthiques et l’humilité permettent de s’élever dans la mesure où le monde n’est pas que matériel », ajoute t-il. La notion de leadership au sein de l’entreprise, les écueils à un poste de directeur et comment les vaincre, le processus de création d’une entreprise et les difficultés éventuellement n’étaient pas en reste dans sa communication qui s’est achevée par une phase de question-réponses. Un diplôme d’excellence a été décerné par l’institution hôte au conférencier du jour qui a d’ailleurs promis y revenir. Samuel Nlend Likeng, au nom du gouverneur, a félicité les promoteurs de l’Université pour leur projet futuriste au profit de la formation de la jeunesse.

Écrit par Blaise Nzupiap Nwafo depuis Banékané  


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