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Cameroun : le « repassage » des seins toucherait 24% des jeunes filles

Publiée le mardi 6 septembre 2011


L`édition 2011 du Festival des films du monde de Montréal a été l`occasion de faire la lumière sur une pratique encore peu connue. La réalisatrice franco-camerounaise Josza Anjembe a ainsi pu présenter son dernier documentaire : « Massage à la Camerounaise ». Encore totalement inconnu jusqu`en 2006 et au lancement de la campagne d`information par le Réseau national des associations de tantines (Renata), ce phénomène toucherait 24 % des jeunes filles camerounaises.

L`édition 2011 du Festival des films du monde de Montréal a été l`occasion de faire la lumière sur une pratique encore peu connue. La réalisatrice franco-camerounaise Josza Anjembe a ainsi pu présenter son dernier documentaire : « Massage à la Camerounaise ». Encore totalement inconnu jusqu`en 2006 et au lancement de la campagne d`information par le Réseau national des associations de tantines (Renata), ce phénomène toucherait 24 % des jeunes filles camerounaises.

Elise-Pierrette Memong Meno, co-fondatrice de l`Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (ALVF), le compare à l`excision : « Cette pratique est vraiment très violente ; elle influe sur le corps et l`esprit, comme toute violence faite à un être humain. Comme pour l`excision, on mutile le corps des jeunes filles à des fins sexuelles ». Le but avancé de cette pratique serait d`empêcher la naissance du désir chez les hommes.

Le plus souvent, c`est la mère de la jeune fille (beaucoup plus rarement le père ou le frère, car souvent les hommes ne sont même pas au courant de cette pratique)

qui accomplit l`acte. Dès le début de la puberté de la fillette, au moment où ses seins commencent à se développer, la mère fait chauffer une pierre, qu`elle malaxe, brûlante, sur la poitrine nue de sa fille. Ce geste peut se répéter plusieurs fois par jour, pendant plusieurs mois, jusqu`à ce que le développement de ses seins stoppe, et que sa poitrine soit plate.

Au-delà la douleur physique, la douleur psychologique que provoque cet acte est intense. Beaucoup de ces jeunes filles dont les seins ont été « repassés » souffrent aujourd`hui, dans leur vie de femme et dans leur sexualité.

Ce phénomène, souvent inconnu des hommes africains tant sa pratique reste discrète, a été dénoncé par plusieurs associations, parmi lesquelles Renata et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit, l`Agence de Coopération Technique Allemande pour le Développement (DIZ).

Mais selon les associations, il faudrait pour endiguer le phénomène que les familles puissent lever le tabou du sexe. L`éducation resterait la meilleure solution pour que ces femmes n`aient pas à souffrir et à perdre une partie de leur féminité pour éviter le viol ou le mariage trop précoce. Pour la réalisatrice du documentaire, Josza Anjembe, « C`est ce qu`on retrouve partout dans le monde sur les mutilations qui sont faites aux femmes, ce sont toujours elles le problème. Je ne suis pas du tout féministe, mais on n`agit jamais sur l`homme. À la limite, il se fait attraper, il va en prison, mais après il ressort ».

Écrit par Affaires Stratégiques


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