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Auto-emploi : les jeunes visages de la réussite

Publiée le mardi 14 février 2012


Les jeunes sont les plus touchés par le chômage. Face à la précarité et aux difficultés à trouver un emploi, nombre d’entre eux ne baissent cependant pas les bras. En effet, ils sont de plus en plus nombreux à se prendre en main et à créer leurs propres affaires. Annie T., est l’une de ceux-là. Elle a 25 ans et forme déjà des stagiaires aux métiers de la coiffure et de l’esthétique. « J’ai quitté l’école à 18 ans, en classe de troisième, parce que je n’avançais pas. J’ai préféré embrasser un métier. Comme mes parents étaient trop pauvres pour me payer une formation, j’ai appris sur le tas », confie la jeune femme. Au bout d’un an d’apprentissage, elle commence à coiffer et à faire des soins aux dames du voisinage, dans sa chambre. Certaines délaissent ainsi les salons huppés de la capitale et paient plus chères ses modestes prestations, pour l’encourager. Deux ans plus tard, Annie T. ouvre un vrai institut de beauté avec ses petites économies. Sur les conseils avisés de ses clientes, elle sollicite l’aide du Fonds national de l’emploi et bénéficie d’une formation dans une structure de qualité. Aujourd’hui, elle emploie six personnes et vole de ses propres ailes.

La réussite d’Annie T. n’est pas un cas isolé. Face au chômage, à la discrimination et l’isolement, les jeunes sont deux fois plus nombreux à vouloir se mettre à leurs propres comptes. L’informel représente ainsi un énorme vivier pour eux, tellement il regorge d’opportunités. Olivier N., installé à Mokolo Elobi à Yaoundé, est propriétaire de son taxi depuis un an. « Devenir chef d’entreprise était mon rêve d’enfant. Orphelin à 10 ans, je n’ai pas pu poursuivre mes études qui s’annonçaient pourtant brillantes. Je me suis essayé au petit commerce avant de me lancer dans le transport », avoue-t-il. Pour réaliser son projet, il a pris un taxi à crédit chez un importateur compréhensif. « La voiture coûtait 1.500.000 Frs. Grâce à ma tontine, j’ai avancé 300.000 Frs et j’ai payé le reste en traites pendant deux ans. Aujourd’hui, je suis bien. Depuis un an, j’ai acheté un lopin de terre et j’ai commencé à construire », affirme le taximan, 32 ans au compteur.

Il ne faut pas se leurrer : le parcours vers l’auto-emploi est difficile pour un jeune sans ressources, avec ou sans diplômes. « On n’a pas de réseau d’information, pas d’équipements, ni de financements. Il faut souvent partir de rien du tout. La volonté y est cependant et c’est ce qui compte », assure Line A. qui a monté une petite structure de fabrication artisanale de jus de fruits. Sa cible ? Les restaurants. Une vingtaine est enregistrée dans son carnet d’adresses. « Très vite, je me suis retrouvée aussi avec les commandes de particuliers pour les fêtes familiales. D’une centaine de bouteilles que je livrais par semaine, je suis actuellement à 1000. J’ai dû faire appel à deux personnes. Dans mon cas, le téléphone arabe a bien fonctionné », estime Line A.

Il est donc clair qu’en matière d’auto-emploi, nul n’est besoin de voir les choses en grand pour un début. Souvent, la solution se trouve à proximité. Il suffit d’être attentif aux besoins de l’heure.

 


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